Faiences Henriot Quimper : histoire, signatures et marques à connaître

Un même motif peut porter des signatures différentes selon l’année de fabrication ou l’artisan impliqué. Certains décors pourtant réputés typiques de Quimper ont été copiés ailleurs, brouillant les pistes pour les collectionneurs. La mention ‘HB’ ne garantit pas systématiquement l’authenticité ou l’ancienneté d’une pièce.

Les ateliers de faïence de Quimper ont adopté des marques, abréviations et chiffres qui varient selon les époques, les propriétaires et même les commandes spéciales. Les évolutions de style et de technique révèlent une histoire complexe, marquée par des rivalités locales et des adaptations constantes au marché.

Faïences Henriot Quimper : une histoire d’art et de savoir-faire breton

Quimper, quartier de Locmaria. Ici, la faïence bretonne a traversé les siècles, marquant à jamais l’art populaire français. La manufacture Hubaudière, née en 1690 sous l’impulsion de Jean-Baptiste Bousquet, donne le ton. D’autres ateliers émergent ensuite, à l’image de Porquier et Henriot, peaufinant chacun leur signature et façonnant une identité propre à la faïence de Quimper.

Le secret réside dans la faïence stannifère : un émail blanc, épais, prêt à accueillir des décors éclatants puisés dans la vie rurale, les costumes bretons ou les paysages alentours. Avec le XIXe siècle, Jules Henriot entre en scène et dynamise la manufacture Henriot. L’histoire continue de s’écrire avec des artistes comme Alfred Beau, Paul Fouillen ou Mathurin Méheut, qui, au début du XXe siècle, insufflent un vent neuf et créatif.

Le tournant art déco n’échappe pas à la faïencerie Henriot Quimper. La maison multiplie les formes et les usages : des assiettes et plats jusqu’au célèbre bol-prénom, transmis de génération en génération. Des figures telles que Jules Verlingue ou Victor Lucas enrichissent le catalogue, mêlant l’inspiration bretonne aux courants d’avant-garde. À travers les âges, la Quimper faïence s’impose comme un repère fort du patrimoine régional, toujours vivante, toujours réinventée.

Artisan peint un plat Quimper dans son atelier traditionnel

Signatures, marques et astuces pour reconnaître une pièce authentique

Pour distinguer une faïence Henriot Quimper authentique, il faut savoir observer les détails et maîtriser quelques codes. La signature reste le premier indice, la plupart du temps apposée sous la pièce. Selon les périodes, on rencontre plusieurs variantes :

  • « HB »
  • « HB Quimper »
  • « Henriot Quimper »
  • « Henriot & Cie »

Sur les pièces anciennes, la signature s’accompagne parfois d’une mention manuscrite, voire d’un « peint main ». À la fin du XIXe siècle, on voit apparaître « Quimper » suivi des initiales du peintre ou de l’atelier : un repère précieux pour remonter l’histoire de chaque pièce.

  • La forme des lettres change selon l’époque : pleines et arrondies au XVIIIe siècle, elles se font plus stylisées ensuite.
  • Certains monogrammes ou chiffres renseignent sur l’atelier ou l’artiste impliqué.
  • Après 1891, la signature « Henriot Quimper » devient la norme sur les pièces de la manufacture, généralement peinte en bleu, vert ou noir, selon le décor choisi.
  • Quant à l’émail, la faïence stannifère se reconnaît à son blanc intense, légèrement rugueux : une marque de fabrique bretonne.

Pour situer une faïence Henriot dans le temps, il s’agit de scruter le style du décor, la palette de couleurs et le tracé du dessin. Les motifs phares, le petit Breton, les scènes champêtres, évoluent subtilement d’une décennie à l’autre. Avant la première guerre mondiale, les couleurs sont plus feutrées, les contours nets ; dès 1925, les influences art déco se manifestent par des lignes géométriques et des teintes éclatantes.

Les bols-prénom, les assiettes traditionnelles ou les représentations de saints cachent, sous leur base, une marque discrète, parfois complétée d’un numéro ou du nom du décorateur. La manufacture Henriot Quimper reste fidèle à la mention « Quimper », synonyme d’authenticité. Estimer la valeur d’une pièce réclame d’examiner l’épaisseur de l’émail, la qualité du motif, la régularité de la signature : chaque détail pèse, chaque trace révèle un fragment d’histoire, prêt à traverser le temps.

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